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 On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)

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On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) Peuple10
Louison Bahorel
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Message#Sujet: On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)   On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) I_icon_minitimeSam 23 Fév - 10:00

On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même

Louison & Pâquette


Je dois faire la fermeture. Ce n'est pas mon rôle, et je n'aime pas particulièrement faire cela. Je sais pertinemment que si, par malheur, il devait manquer quoi que ce soit le lendemain, j'en serais tenue pour responsable, alors que les inventaires tenus par mon supérieur sont faits de façon très approximative... Enfin, peu importe.

La nuit bien avancée en ce milieu de semaine a fait disparaître de mon décor la vague de clients trop nombreux dont les regards insistants et les gestes déplacés m'agacent fortement, je dois toujours serrer les dents pour ne pas répliquer. Je ne suis pas là pour ça, et il faut que je garde contenance pour gagner mon pain. Notre pain. Car en plus de mes besoins, je sais devoir subvenr à ceux de mon frère, qui a l'air de croire que l'argent pousse sur la cime des arbres. Je n'aime pourtant ni la foule, ni le bruit, ni l'alcool, ni le chaos. Mais on se fait à tout quand cela est nécessaire.

Et il y a tout de même quelques avantages, notamment les réunions des amis de l'A B C, auxquelles je peux assister en faisant mine de ne faire que mon travail, laissant s'égarer une oreille distraite d'un coin à l'autre de la pièce, rêvant de prendre part à des débats dont on me rend finalement étrangère. Parce qu'on ne se rappelle que je suis là que dès lors que le "beau sexe" est au coeur de leurs conversations... Il y en a eu une, ce soir là, mais tous ses membres sont partis, à présent. Et il ne reste plus que moi, dans ce silence soudain, si lourd qu'il semblerait presque réaliste.

Enfin non, en vérité, il y a moi et il y a Pâquette, serveuse au Musain, elle aussi, qui m'aide à faire la fermeture. Je l'apprécie assez, je dois dire. Nous n'avons pas tant d'occasion de converser, car nous ne travaillons pas toujours aux mêmes horaires, et les journées passent vite, être surprises à bavarder ne nous rendrait aucun service, et c'est une chose que nous devons éviter autant que possible. Mais nous sommes seules, ce soir-là, alors je ne me vois pas lui refuser toute conversation, même si j'ai hâte de retourner chez moi, de parler un peu avec Jonah.

-Longue journée, pas vrai ?




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Message#Sujet: Re: On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)   On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) I_icon_minitimeDim 17 Mar - 21:20

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But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Pâquette n’avait plus qu’une seule hâte, que la journée se termine enfin. Elle n’était pas éreintée, mais elle sentait que la journée avait été productive, et un peu longue. Un peu de repos ne serait pas de refus du coup. Mais ce n’était pas tout à fait terminé et Pâquette ne comptait pas bâcler son travail. Elle aimait finir les choses bien.

Si elle n’avait plus vraiment le cœur aux gaietés de la vie depuis qu’on lui avait pris sa petite fille. Il aurait peut-être été plus simple pour elle de se donner la mort, ou de se laisser mourir, mais elle savait qu’il y avait une probabilité pour que sa fille soit encore en vie, quelque part, et qu’elle puisse la revoir un jour. Cette seule et simple idée l’avait convaincu de ne rien faire de regrettable, même si chaque journée était un supplice, et qu’elle n’avait vraiment plus aucun goût pour la vie. Mais bon, il fallait bien vivre, ou plutôt survivre, et pour cela, elle devait travailler.

Pour une fois, elle n’était pas seule. Cela n’était pas si rare, mais il arrivait tout de même de temps à autre qu’elle soit seule à servir ou pour faire la fermeture. Comme il y avait certains jours où elle ne travaillait pas. Cette fois-ci, dans tous les cas, Louison était avec elle, et ce n’était pas une mauvaise chose. Pâquette n’était pas une femme très sociable depuis quelques années, depuis qu’elle avait perdu Agnès. Et si pour le travail, et pour les clients, elle se forçait un minimum, il y avait tout de même certaines personnes qu’elle savait apprécier à juste titre. Et Louison en faisait partie, dans une certaine mesure.

La jeune femme était une gentille fille, et Pâquette n’avait rien à lui reprocher. En fait, elle lui faisait même penser à sa fille, Agnès. Au début, elle s’était demandée si cela ne pouvait pas être elle, mais elle avait vite compris que non. L’âge ne correspondait pas, et Louison n’avait pas été élevée par les gitans de toute manière. Quand on perdait quelqu’un qu’on aime, on avait tendance à le voir un peu partout, désireux plus que tout de le revoir. Surtout lorsqu’il s’agissait de son enfant. Pâquette aurait aimé qu’Agnès soit comme Louison aujourd’hui, parce qu’elle était une très belle jeune femme, accomplie, et pourvue de nombreuses qualités.

-Longue journée, pas vrai ?

Pâquette fut tirée de sa rêverie en l’entendant lui parler. Elle lui adressa un très léger sourire en hochant la tête. Il est vrai que la journée avait été longue, et il était bien qu’elle soit terminée, vraiment. Ce n’était pas tout à fait terminé, mais elle approchait tout de même de la fin.

« Oui, c’est vrai. Ce n’est pas plus mal que ce soit terminé d’ailleurs, tu dois avoir hâte de rentrer chez toi. »

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Message#Sujet: Re: On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)   On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) I_icon_minitimeMer 27 Mar - 11:54

On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même

Louison & Pâquette


Pâquette me répond tout d'abord par un large sourire. Ce n'est pas grand-chose, un sourire, mais pour moi, ça a beaucoup d'importance. Les vrais sourires sincères sont assez rares, en réalité, alors, quand on nous en adresse, il faut les apprécier à leur juste mesure. Pour terminer convenablement une journée, c'est plutôt appréciable, je dois dire, véritablement. Elle approuve, la journée a été longue. Je ne doutais pas qu'elle soit d'accord. L'ambiance est souvent agitée, au Musain, et il n'est pas rare que nous devions courir, à droite et à gauche, si bien qu'une fois le café fermé, nous sommes éreintés.

Cela dit, j'estime que c'est une bonne fatigue, celle du travail accompli, celle de l'ouvrage bien fait, largement plus gratifiante que la fatigue que l'on pourrait attribuer à l'oisiveté pure. Je n'estime cependant pas que mon métier est celui dans lequel je saurais me rendre utile, mais faute de pouvoir obtenir mieux à l'heure actuelle, j'accepte de m'en contenter néanmoins. Faute de mieux. Au moins, je suis plus près que je ne saurais l'être autrement de l'épicentre, de ce qui m'intéresse véritablement.

-Oui et non
, je réponds en esquissant un léger sourire, alors que mon interlocutrice suggère que je dois avoir hâte de rentrer chez moi. Il n'y a pas grand-chose qui m'attende chez moi, pour tout dire.

Je vais rentrer chez moi, lessivée, et j'aurais le sentiment de manquer de quelque chose, le poids de mon inactivité va m'assomer, l'angoisse m'étreindre comme un étau. Et le lendemain, la routine perpétuelle reprendra. Jusqu'au moment de l'épiphanie. Mais il n'est pas encore advenu. Mettra certainement longtemps à advenir. Chez moi, il y aura mes livres, un peu d'ennui. Jonah, également... mais je doute que mon frère soit déjà rentré.

Je le connais, il est rarement de retour avant que je ne m'endorme. Nous vivons au même endroit, mais nos chemins n'ont l'air que de se croiser, constamment. Pourtant, s'il devait complètement disparaître du mien, je deviendrais inutile, impuissante. C'est ainsi, l'impact que certaines personnes ont sur nos vies et qu'on ne découvre parfois qu'à retardement. Je me demande parfois si ce sera le cas avec Pâquette également. Je me dis que c'est bien possible.

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Message#Sujet: Re: On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)   On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) I_icon_minitimeSam 20 Avr - 22:20

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But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Cela ne dérangeait jamais Pâquette de devoir rester un peu plus longtemps, surtout si elle était en compagnie de Louison. Elle appréciait la jeune femme. Sans raison particulière, juste parce qu’elle la trouvait appréciable, agréable. Et aussi, c’est vrai, parce qu’elle lui faisait penser à Agnès. Pas physiquement, parce qu’elle n’avait pas eu le temps de profiter assez de sa fille pour savoir ce à quoi elle ressemblerait une fois adulte, même si son visage de poupon restait gravé dans sa mémoire. Mais Louison était une jeune femme d’un âge qui se rapprochait de celui qu’a Agnès aujourd’hui, elle aimait à penser que peut-être, sa fille lui ressemblait.

Quoiqu’il en soit, le travail ne lui semblait jamais vraiment insurmontable. Même si cela restait fatiguant, évidemment. Mais Pâquette n’avait que cela à faire de ses journées, et de sa vie au final, alors cela ne la gênait pas vraiment. Elle ne faisait rien d’autre en dehors de son travail, et elle ne comptait pas changer cela, après tout, elle n’avait plus vraiment de vie depuis qu’on lui avait volé sa fille, depuis seize ans donc. Elle n’y arrivait tout simplement pas, c’était comme ça.

-Oui et non. Il n'y a pas grand-chose qui m'attende chez moi, pour tout dire.

C’était un peu dommage. Bon, Pâquette ne devrait pas trop juger, étant donné qu’elle avait exactement la même pensée qu’elle. Mais ce n’était pas pareil. Louison était jeune, et elle avait toute sa vie devant elle, elle devait se concentrer sur la vie, et non pas la laisser passer devant elle. Elle n’avait pas de leçons à donner, évidemment, et encore moins à Louison, mais elle trouvait cela un peu dommage. Mais bon, elle était tout de même libre de faire ses propres choix. Elle lui offrit cependant un léger sourire, bienveillant.

« Tu es encore jeune, tu devrais avoir plein de choses à faire, plein de choses à vivre. Ne t’enferme pas dans le travail, ce serait dommage. »

Elle avait dit le tout d’un ton doux, et bienveillant. Elle ne voulait pas du tout lui donner l’impression de lui faire des reproches, surtout que ce n’était pas du tout son envie, ou son but.

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Message#Sujet: Re: On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)   On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) I_icon_minitimeLun 29 Avr - 11:56

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Louison & Pâquette


J'ai rarement rencontré dans sa vie quelqu'un d'aussi doux et bienveillant que ma collègue de travail. Elle ne cesse jamais de m'encourager, d'apaiser mes craintes quand j'en ai, c'est agréable. Elle est jeune, certes, mais elle me rappelle parfois ce que cela faisait d'avoir une mère, à votre écoute, tendre, agréable. Et combien la mienne me manque. J'aimerais que tout le monde soit capable de la même douceur, de la même gentillesse, mais je sais que le monde n'est pas ainsi fait. Et d'ailleurs, la gentillesse qu'elle m'adresse, je ne suis pas certaine de la mériter. 

-Oh, je n'ai aucune intention de m'enfermer dans mon travail, n'aie aucune crainte.

Je donne peut-être le sentiment, en effet, d'être un bourreau de travail. Il est vrai que je fais toujours le plus d'heures possible et que je passe le plus clair de mon temps au Musain. Mais ce n'est pas du tout parce que j'aime mon travail. Je considère, honnêtement, qu'avoir un travail, qui structure votre vie et vous permettre de vous organiser, de contribuer à la communauté (même si chacun a son rôle à jouer, même ceux qui ne travaillent pas), est une chose importante. Mon frère n'avait pas forcément envie que je me lance dans cette "carrière", je l'ai fait parce que j'en avais besoin.

Mais j'en avais besoin également parce que cela me permet d'être au plus près de là où tout se crée, où tout s'organise. Le temps que je passe au Musain, c'est du temps durant lequel je peux laisser traîner mes yeux et mes oreilles, rester à l'écoute de ce qui se décide, de ce qui se trame. 

Des choses à faire, des choses à vivre, je suis d'accord avec Pâquette, je ne pourrais absolument pas me contenter d'être la simple serveuse, mignonne et docile, qui se contenterait de faire son ouvrage et rentrerait simplement chez elle pour faire la cuisine et le ménage pour son frère avant qu'une nouvelle journée commence. Encore et encore, un cycle sans fin. Il y a un peu de ça dans ma vie, je ne m'en cache pas, mais il n'y a pas que ça, et c'est chose heureuse.



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Message#Sujet: Re: On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)   On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) I_icon_minitimeDim 9 Juin - 9:24

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Pâquette savait qu’elle n’avait pas à s’immiscer dans la vie de sa jeune collègue, ni même lui dire quoi faire. Elle était assez grande pour le savoir, et Pâquette n’était pas sa mère, ou une toute autre forme d’autorité qui pourrait justifier ces agissements. Mais elle ne faisait pas vraiment exprès. Elle lui faisait penser au fait qu’elle avait une fille (même si elle y pensait déjà à longueur de journée) et Pâquette aimait à penser qu’elle lui ressemblerait un peu. Bien que tout cela ne soit que des suppositions, mais bon, peu importe. En dehors de cela, Pâquette se souciait réellement de Louison.

-Oh, je n'ai aucune intention de m'enfermer dans mon travail, n'aie aucune crainte.

Que ce soit le cas ou non, elle n’avait aucun compte à rendre à Pâquette. Mais bon, si elle ne comptait pas s’enfermer dans le travail, la femme n’allait pas s’en plaindre. Il est vrai que Louison était encore jeune, elle-même n’était pas très âgée, mais elle avait pris l’habitude de materner un peu tout le monde ou presque. Surtout Louison en fait. Quoiqu’il en soit, la jeune femme était encore très jeune, alors ce serait dommage qu’elle n’est pas de projet de vie autre qu’ici, même si une fois encore, cela ne regardait pas Pâquette.

Et puis, elle-même n’était pas un exemple de conduite à suivre. Sa vie n’avait rien d’un conte de fées, et elle était plus triste qu’autre chose. Cela avait bien débuté, c’est vrai, mais à présent, c’était toujours le même cauchemar duquel elle ne parvenait pas à se réveiller. Encore, et encore. Si c’était une punition, l’erreur qu’elle avait commise était bien lourde.

Certes, concevoir un enfant sans être mariée était répréhensible, mais elle n’avait pas vraiment fait le choix de tomber enceinte, et elle aurait dû se marier. Résultat des choses, son fiancé était mort avant et on lui avait volé sa fille. Il n’y avait aucune issu à son problème, et elle ne savait pas ce qu’elle était censée faire à présent, alors elle faisait le strict minimum, elle attendait que les jours passent, rien de plus.

« Bon… tant mieux alors. »

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Message#Sujet: Re: On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)   On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) I_icon_minitimeMar 11 Juin - 10:40

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Louison & Pâquette


Je ne suis pas vraiment certaine d'avoir su convaincre mon interlocutrice quand je lui affirme que je n'ai pas l'intention de m'enfermer dans mon travail. Pourtant, c'est effectivement la vérité. Je n'ai aucune envie de consacrer mon existence tout entière au seul métier de service. Je ne méprise pas mon travail pour autant, j'estime qu'aucun travail, d'ailleurs, ne mérite d'être méprisé. Même si certains sont plus estimés que d'autres, ils ont tous leur part à apporter à la société. Ce n'est pas par mépris que je fais passer mon métier en second plan, c'est seulement qu'être engagée au Musain a toujours été un moyen, pas un fin, le moyen de me rapprocher de ce qui me concerne réellement, de ce que je considère être mon rôle.

Peut-être que si j'expliquais tout ceci à Pâquette, cette dernière comprendrait, mais je ne me vois pas lui apprendre tout cela, ce serait se lancer dans une conversation sans fin et peut-être stérile, pas parce que mon interlocutrice ne serait pas à même d'assimiler tout cela, mais parce que je suis accoutumée au mépris de ceux qui estiment que je cherche à briguer une place qui ne saurait être la mienne. La nature de ma relation avec ma collègue ne m'invite pas à ce genre de débats. J'apprécie simplement qu'elle se soucie de moi, et moi aussi je me soucie d'elle. 

Il y a comme une ombre constante dans le regard de cette femme, je me dis bien souvent qu'elle a dû vivre bien pire que beaucoup, et parfois, j'aimerais lui demander quelle est précisément son histoire. Mais je n'ose pas. Je hoche la tête, cherchant comment enchaîner, espérant être convaincante. Je n'ai pas envie que la conversation s'achève ici, je veux trouver autre chose à dire pour que nous poursuivions notre discussion dans tous les cas.

-Que comptes-tu faire en rentrant chez toi ce soir ?
je demande pour enchaîner.

J'espère ne pas me montrer indiscrète. Pour moi, c'est surtout une manière détournée d'en apprendre un peu plus à son sujet. Ma vie est plus transparente que mes ambitions, il n'y a pas vraiment beaucoup de choses à en dire, mais j'ose penser qu'il n'en est pas de même en ce qui concerne Pâquette, et j'espère de tout coeur qu'il n'y a pas de quoi s'en inquiéter.


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Message#Sujet: Re: On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)   On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) I_icon_minitimeDim 21 Juil - 14:35

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Pâquette ne connaissait pas assez Louison pour pouvoir affirmer telle ou telle chose sur elle. Si elle lui affirmait quelque chose, elle ne pouvait que la croire, c’était une vérité, et Pâquette ne pouvait qu’espérer que ce soit la vérité. Elle était encore jeune, elle était toute belle et elle avait de la jugeotte. Même si elle n’était pas marquise, Pâquette ne doutait pas que Louison pouvait bien tenter de faire ce qu’elle voulait dans la vie, qu’elle pourrit y arriver. Et il ne fallait pas qu’elle reste à travailler ici, ou qu’elle se mêle de choses trop dangereuses. Elle devait profiter de sa vie, connaître toutes les joies de ce monde, mais en mettant de côté les peines. En tout cas, c’est ce que Pâquette lui souhaitait. De tout cœur.

Mais bon, elle n’avait en aucun cas envie de l’importuner avec tout cela. Elle n’était pas sa mère, et elle ne voulait pas lui donner l’impression de lui donner des ordres, et lui faire des reproches. Louison était libre de faire ce qu’elle voulait, et Pâquette n’avait aucune envie d’interférer dans la vie de sa jeune collègue sans y avoir été invitée. Elle n’était pas du genre intrusif, quand bien même Louison lui rappelait sa fille disparue, elle savait tout de même qu’elle ne l’était pas, et donc, elle n’avait aucun droit sur elle.

Enfin bon, elle espérait ne pas avoir agacé la jeune femme, mais cela ne semblait pas être le cas, et c’était tant mieux à dire vrai. Pâquette appréciait beaucoup de pouvoir discuter avec elle. Cela la coupait un peu de sa vie morne et sans saveur, au moins, elle avait quelqu’un avec qui échanger. Elle pouvait toujours discuter avec les clients du Musain, ce qu’elle faisait de temps en temps, pas souvent, mais avec Louison ce n’était pas pareil, ce n’était pas la même relation.

-Que comptes-tu faire en rentrant chez toi ce soir ?

Rien de bien exceptionnel, elle allait faire ce qu’elle faisait dès qu’elle rentrait. Elle se coucherait, elle attendrait que le sommeil vienne. Ses pensées iraient vers sa fille, comme toujours. Peut-être qu’elle passerait une nuit sans cauchemars, ou alors elle revivrait la perte d’Agnès. Elle avait l’habitude, et cela ne changerait jamais, c’était triste, mais c’était ainsi. Il n’y avait aucun moyen de changer cela de toute façon. Elle sourit légèrement.

« Pas grand-chose qui mérité intérêt. Je vais juste aller me coucher. Je n’ai pas grand-chose à faire de toute façon. »

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Message#Sujet: Re: On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette)   On reconnaît toujours en autrui une part de nous-même (Pâquette) I_icon_minitimeVen 26 Juil - 12:55

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Louison & Pâquette


Je ne pourrais reprocher à Pâquette de se taire si elle devait décider que son programme de la soirée ne me regarde juste pas. Tout le monde a droit à son jardin secret, après tout, elle compris, moi de même. Mais je pense qu'elle est sincère quand elle me dit qu'elle va simplement rentrer chez elle et dormir. Le bilan d'un quotidien qui peut très vite vous ronger. Se lever le matin, partir au travail, attendre que le temps passe, rentrer chez soi, se féliciter d'avoir un toit au-dessus de la tête, aller se coucher, recommencer. Ce n'est pas la pire des vies. 

Mais ce n'est pas la plus heureuse non plus. Je sais ce que c'est, je lutte constamment contre cette même routine, qui me donne le sentiment, à titre personnel, d'être inutile quand je voudrais être capable de contribuer activement à la marche du monde. J'essaie de rompre avec la routine à ma manière, au fil de mes conversation avec mon frère, au fil de mes lectures, ou de mes errances dans les vies parisiennes. Mais je reconnais que ce n'est pas forcément plus productif que de rentrer chez soi et de simplement aller me coucher. Je ne sais pas si Pâquette est satisfaite de son programme du soir... J'ai le sentiment que non, tout en pouvant me tromper, forcément.

-Je n'ai pas l'intention de rentrer chez moi tout de suite, mon frère risque de rentrer tard et je n'aime pas rester seule chez moi.

Même s'il m'arrive d'apprécier cette solitude douce et confortable, qui me permet, notamment, de me concentrer sur mes lectures, qui sont nombreuses. Mais pour ce soir, je veux bien reconnaître que je ne suis pas motivée à l'idée de rentrer chez moi. Et je me dis que ça peut être l'occasion de parler un peu avec Pâquette. On a beau se voir tous les jours, 
je ne sais pas tant de choses que cela sur elle, peut-être pourrait-on y remédier.

-Je vais peut-être marcher un peu.


J'aime bien me balader dans les rues de Paris, la nuit, même si certains quartiers, surtout comme une jeune femme comme moi, sont à éviter. J'aime particulièrement l'ambiance des bords de Seine une fois la nuit tombée. J'aime ma ville, en fait, même si elle est indéniablement divisée, terriblement imparfaite.

-Tu voudrais m'accompagner ?


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