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 L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah

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L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah Abc10
Jonah Bahorel
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Message#Sujet: L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah   L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah I_icon_minitimeLun 27 Juil 2020 - 9:01

L'après-guerre n'est jamais plus doux que la guerre en elle-même
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Jonah n’allait pas fanfaronner inutilement. A lui comme aux autres, les barricades avaient été un véritable électrochoc. Les évènements ne l’avaient pas laissé de marbre, loin de là. Voir tous ses frères d’armes sans vie, à ses pieds, cela avait été un spectacle insoutenable pour lui. Il avait fait de son mieux, il avait donné tout ce qu’il avait, toute son énergie lors de cette bataille, refusant que ses frères ne meurent pour rien, et désirant autant que possible, montrer qu’il défendait ses idéaux. Au final, il n’avait pas l’impression qu’ils avaient accomplie quoique ce soit, mais il n’allait pas abandonner pour autant, jamais de la vie.

Il ne savait pas ce qu’allait être la suite des opérations, mais il en ferait partie, c’était sûr et certain. Evidemment, il savait qu’il allait devoir s’armer de patience, que tout le monde allait devoir récupérer de ses blessures, et se remettre des deuils successifs. Lui-même n’avait pas été épargné, son épaule avait souffert, mais il allait s’en remettre. Il s’était pris une balle, mais elle était heureusement ressortie et la plaie avait été soignée depuis. Il fallait maintenant que cela cicatrise, mais il avait un peu de mal à tenir son bras en place, alors cela prenait un peu de temps, naturellement. Quoiqu’il en soit, il n’avait pas envie d’être mis à l’écart, et il avait également envie de s’en tenir au fait. C’est pourquoi il avait décidé d’aller voir Enjolras.

Il ne l’avait pas trouvé tout de suite. En fait, il avait fait plusieurs endroits avant de tomber sur leur chef. Il ne savait pas vraiment dans quel état il allait le retrouver, mais il avait tout de même besoin de lui parler. Et en toute honnêteté, il n’avait pas seulement envie de lui parler des barricades, et de la suite de leur combat. Il voulait aussi aborder le sujet de Louison. Il n’était pas d’accord sur le fait que sa sœur rejoigne le mouvement. Il savait bien que cela faisait un moment qu’elle tentait de les suivre, et de les rejoindre, mais il n’en restait pas moins qu’il n’était pas du tout d’accord avec cette idée. Louison n’avait strictement rien à faire là-bas. Il finit par dénicher le jeune homme au café, et il s’installa à sa table sans lui demander son avis au préalable.

« Salut chef, comment tu vas ? »

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Etienne Enjolras
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Message#Sujet: Re: L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah   L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah I_icon_minitimeMar 28 Juil 2020 - 0:02


L'après-guerre n'est jamais plus doux que la guerre en elle-même
I

l y avait quelque chose de déroutant et en même temps de cathartique dans le fait de retourner au Musain. Dans un premier temps, le jeune homme avait refusé d'y remettre les pieds. Il savait qu'y revenir, ce serait considérer toutes ces places fantômes qui auraient dû être occupées par ses camarades, camarades qui n'étaient plus, morts pour une cause qui n'avait pas avancé d'un pouce. Au vu de la façon dont les choses s'étaient déroulées - de trop lourdes conséquences humaines pour aucune conséquence politique -, difficile pour Enjolras de savoir encore à quoi s'en tenir exactement.

Ses convictions restaient les mêmes... elles étaient même renforcées par les horreurs auxquelles il avait assistés. Leur combat se devait d'être mené, et les morts se devaient de ne pas l'avoir été en vain. Mais au-delà de ses convictions, c'était son propre rôle qu'il remettait en question. Peut-être que ceux qui lui avaient asséné qu'il se rêvait en martyre et n'attendaient finalement que cela n'avaient pas tort, car en survivant, il ne savait plus quelle était sa place.

Pouvait-il encore s'arroger la moindre autorité alors qu'il était en partie responsable de ce qui était arrivé ? Les Amis de l'A B C avaient peut-être besoin d'un nouveau chef de file, un chef de file qui ne serait pas lui. En même temps, serait-il capable de ne prendre aucune directive ? Il ne s'était jamais vu en despote éclairé. La moindre décision prise au sein du groupuscule l'était au terme de vrais débats, il n'était pas le seul décisionnaire, mais il avait été la figure de proue de cet élan révolutionnaire, le nier était impossible.

Alors il s'interrogeait. Qui sait si les Amis de l'ABC existaient encore dans tous les cas. Il était revenu au Musain dans l'espoir d'y trouver certains de ses camarades survivants, mais il n'y avait personne. Alors il s'installa à une table.

Et ce fut quelque temps et quelques verres plus tard qu'il y fut rejoint par un de ses camarades, justement, Bahorel, qui s'adressa à lui en des termes qui lui semblaient presque étrangers. Chef, il l'était au sens où il avait toujours donné les directives. Mais ce titre n'avait jamais semblé si mal lui convenir.

-Chef de quoi, je te le demande...
Il esquissa un fin sourire vaincu. J'ai été mieux, tu t'en doutes... Et toi, comment vas-tu ?





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Jonah Bahorel
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Message#Sujet: Re: L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah   L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah I_icon_minitimeJeu 24 Sep 2020 - 11:48

L'après-guerre n'est jamais plus doux que la guerre en elle-même
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Jonah ne savait pas encore exactement ce qu’il était venu faire ici. Ce n’était pas comme s’il y régnait
une ambiance festive. La plupart des clients se fichaient bien de ce qu’il s’était passé sur les barricades, parce qu’ils n’y avaient pas participé, et ne connaissaient personne qui s’y étaient rendu. Mais il y avait tout de même une atmosphère pesante, à moins que ce ne soit Jonah qui avait cette impression-là. Pensant à tous ceux qui étaient tombés, et qui ne reviendraient plus jamais ici.

Mais la vie continuait, alors se mettre en boule et pleurer toutes les larmes de son corps ce n’était pas du tout la chose à faire. Et d’ailleurs, ce n’était pas du tout un comportement que Jonah adopterait un jour. Il préférait avancer la tête haute. Ce n’était pas un manque de respect, mais plutôt, une preuve que leur sacrifice n’était pas vain. Qu’ils allaient continuer de se battre, et qu’ils auront la possibilité de se montrer fiers de là où ils étaient. Il espérait d’ailleurs qu’ils étaient en train de rire et siroter une bonne bière en leur honneur.

Ce qui ne semblait pas être le cas d’Enjolras. Ce dernier avait une mine affreuse, et une humeur horrible. Ça ne promettait pas une bonne soirée, mais bon, Jonah allait essayer de le bouger un peu. Non pas qu’il soit forcé d’agir de la sorte, mais le voir dans cet état le déprimait franchement. Oui, ils avaient vécu un moment difficile, traumatisant, mais il fallait se relever. Se mettre dans cet état n’aiderait personne, et ne ramènerait pas les morts non plus.

-Chef de quoi, je te le demande... J'ai été mieux, tu t'en doutes... Et toi, comment vas-tu ?

Ça, c’était une évidence. Personne n’assurerait qu’Enjolras, allait bien. Qu’on le connaisse ou pas. Il était évident qu’il n’allait pas bien du tout. Il ne lui jetait pas totalement la pierre, il comprenait qu’il puisse ressentir une part de culpabilité dans toute cette histoire, il les avait menés au front, mais il n’avait jamais forcé personne à y aller. Tout le monde avait pris sa décision, en connaissant les risques. Même si personne n’avait sûrement imaginé ce qu’il en serait. Mais Enjolras n’était pas responsable.

« Mieux que toi de toute évidence, mais ça ne semble pas très compliqué. Allez fais pas cette tête, je suis sûr que tu fais peur aux autres clients. »

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Message#Sujet: Re: L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah   L’après-guerre n’est jamais plus doux que la guerre en elle-même | Enjolras & Jonah I_icon_minitimeJeu 24 Sep 2020 - 17:34


L'après-guerre n'est jamais plus doux que la guerre en elle-même
E

njolras afficha un sourire empreint d'une légère amertume quand Bahorel observa qu'il allait manifestement mieux que lui. De toute évidence, c'était tout sauf chose difficile. Il était chanceux, pourtant. Il avait frôlé la mort de très, très près, et il s'en tirait avec quelques blessures superficielles et une balafre certes plus vilaine sur le visage, mais qui n'avait vraiment rien d'handicapante. Il devrait savourer cette chance plutôt que de se laisser abattre, mais il avait de toute évidence besoin d'un temps dont ils manquaient pourtant cruellement.

Il se sentait néanmoins rassuré de constater que son ami semblait véritablement aller bien. Il se doutait bien qu'il ne devait pas non plus être exempt de ces blessures d'âme qu'ils portaient tous. Après tout, ils avaient perdu leurs frères, leurs amis, leurs camarades, en surnombre, c'était un deuil lourd à porter, et ils ne pouvaient pas complètement l'ignorer. Mais physiquement, il paraissait bien se porter, et mentalement, il tenait le coup. C'était rassurant. Il avait besoin de se reposer, au moins un temps, sur la volonté et la pugnacité de ses frères. Pour la première fois de sa vie, il sentait qu'il avait le besoin de prendre la place de celui que l'on soutient plutôt que celle, si longtemps accaparée, de celui qui soutenait les autres. Cela ne lui durerait pas, c'était bien sûr évident.

Il ne savait pas quelle tête il faisait exactement, mais il n'en changea pas quand Bahorel observa qu'il devrait en changer pour ne pas faire fuir les autres clients. Il savait, oui, qu'il devait se remettre d'aplomb, et on le lui répétait bien assez - d'ailleurs, celle qui lui avait tenu le discours le plus similaire était certainement Louison, comme quoi, les deux n'étaient pas frère et soeur pour rien. Mais même s'il devait se mettre un coup de collet, il ne pouvait pas non plus entièrement forcer les choses, ça ne pouvait pas complètement fonctionner de cette manière.

-Tu devras se contenter de cette tête-là pour ce soir,
se contenta de répondre Enjolras, qui daigna tout de même adresser un fin sourire à Bahorel. Il ne voulait pas laisser non plus imaginer qu'il abandonnait. Il n'avait jamais eu à feindre ou à prétendre de toute sa vie, il n'avait pas envie de commencer maintenant, c'était surtout de cela qu'il était question. Alors, dis-moi, quelles sont les nouvelles ?




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Etienne Enjolras
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