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 A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette

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Pâquette la Chantefleurie
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Message#Sujet: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeMar 19 Fév - 14:55

A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Les journées passaient et se ressemblaient toutes pour Pâquette. De toute façon, ce n’était pas comme si elle s’intéressait à la vie, comme si elle avait envie de la croquer à pleine dents, de passer des moments inoubliables. Elle avait perdu tout goût à la vie, toute joie de vivre depuis qu’on lui avait volé son enfant, sa petite fille. Seize ans, et cela ne faisait pas un jour depuis qu’elle n’avait pas une pensée pour sa petite Agnès. Etait-elle encore en vie ? Elle espérait au moins qu’elle avait eu une belle vie… mais comment serait-ce possible ? Une vie avec ces gitans, elle n’avait pas pu être heureuse, loin de là.

Depuis ce jour, Pâquette leur vouait une haine féroce, et qu’elle ne voulait pas calmer. Ces bohémiennes lui avaient pris sa petite et l’avaient échangé avec un monstre, un enfant difforme. Elle l’avait laissé sur les marches de Notre-Dame, parce qu’elle n’aurait pas pu l’élever. Elle voulait Agnès, pas un autre enfant. Mais pourtant, elle n’avait pas voulu se donner la mort, ou se laisser dépérir. Elle était triste et se sentait seule, mais elle ne voulait pas mourir pour autant, parce qu’au plus profond d’elle, elle ne perdait pas espoir de revoir un jour sa fille. De pouvoir la serrer dans ses bras et lui dire combien elle l’aimait, et combien elle lui avait manqué.

Mais en attendant ce jour, Pâquette travaillait au café Musain en semaine, et le dimanche, elle allait sur le marché vendre quelques babioles, quelques étoffes qu’elle confectionnait. Elle ne roulait pas sur l’or, mais elle ne vivait pas non plus dans la misère. Elle arrivait à s’en sortir, sans pour autant se sentir confortable, mais elle ne cherchait pas à l’être de toute manière, elle voulait juste… elle ne savait même pas ce qu’elle voulait ou cherchait, mais qu’importe.

Le café bien fréquenté ce soir-là et les commandes étaient nombreuses, heureusement qu’elles étaient plusieurs serveuses et qu’elles n’étaient donc pas obligées de courir à travers la salle à longueur de temps. Pâquette se fraya un chemin entre les tables et les clients debout qui étaient plus ou moins agités, ce qui n’était pas rare ici. Elle s’approcha de la table d’un jeune homme qui venait souvent ici, mais au dernier moment, elle se fit bousculer et renversa un peu de vin sur le jeune homme. Gênée elle attrapa le torchon sur son plateau pour éponger les dégâts.

« Je suis terriblement désolée… »

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Etienne Enjolras
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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeMar 19 Fév - 18:16


La conversation, ça me plaît. La discussion, non.
C

Si singulière cette information pouvait-elle paraître, il pouvait arriver (sur un malentendu presque toujours) qu’Enjolras se rende au café Musain dans l’unique intention de boire un verre, sans forcément attendre les prémices d’une nouvelle réunion des Amis de l’ABC, sans être accaparé par l’un ou l’autre débat politique et idéologique qui, c’est tout de même un fait, accaparait la grande majorité de son temps, si bien que l’on devait se demander quel temps il lui restait encore à consacrer à ses études. Oui, parfois, il se contentait de profiter d’une occasion de boire un verre en solitaire. Ce qui ne signifiait pas pour autant que ses pensées contestataires et idéaux révolutionnaires s’envolaient derechef par la fenêtre, seulement qu’il acceptait, exception confirmant la règle, de garder ces pensées pour lui-même quelques instants. Encore qu’il ne fallait pas attendre longtemps, bien souvent, pour que le naturel reprenne le dessus, au grand galop, bien souvent, de préférence.

Le Musain était son repère, l’endroit où il passait le plus clair de son temps. Aussi était-ce assez logiquement que c’était l’endroit qu’il privilégiait lors de ces rares fois où il choisissait de n’avoir qu’un verre pour compagnie (dont Grantaire ne lui déroberait pas le contenu, pour une fois, ce qui était en soi un constat digne d’être apprécié). Il était plongé dans la lecture du journal, qui relatait les faits les plus déconcertants et alarmants que l’on puisse imaginer, preuve supplémentaire s’il en fallait encore que la France était aux abois, et attendait qu’on la sauve. Se tenir au courant de l’actualité, ne rien omettre à ce sujet était pour lui une nécessité absolue, et à laquelle il ne dérogeait absolument jamais. Il était important de se tenir au courant, de garder à l’esprit toutes les informations les plus significative, d’être à même de connaître le sens dans lequel courait le vent… Quitte à évoluer à contresens jusqu’à inverser le cours des choses.

Plongé dans sa lecture, l’incident se produisit trop rapidement pour qu’il ait réellement le temps d’appréhender ses tenants et aboutissants. Inutile, quoi qu’il en soit. Constater les faits suffisait. Et dans les faits, Pâquette, l’une des serveuses du Musain venait de renverser du vin sur sa chemise. Pas grand-chose. Rien qu mérite qu’il fasse un esclandre en tout cas.

-Ne le soyez pas, ce n’est pas grave
, assura-t-il. Le rouge est ma couleur de toute façon, ajouta-t-il (les seules plaisanteries dont il était capable ne pouvaient faire rire que lui…). Vous avez besoin d’aide, peut-être ?





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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeSam 9 Mar - 20:44

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But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Pâquette n’était pas une femme qui respirait la joie de vivre, c’était le cas de le dire. Elle avait des circonstances atténuantes, après tout, on lui avait volé son bébé. Et une mère ne pouvait se remettre de la perte d’un enfant. Et là, c’était une perte au sens propre. Ou plutôt un vol. On lui avait volé sa petite fille, et on l’avait remplacée par un monstre. Enfin non pas « on » mais les gitanes. Et elle n’avait pas de deuil à faire, parce qu’elle ignorait où était sa fille, si elle était en vie, elle ne savait rien, et cela la hantait, la consumait de jour en jour, d’heure en heure, de minute en minute. C’était difficile pour elle, même après toutes ces années, elle ne trouvait rien qui la raccrochait à la vie, qui lui donnait de la joie de l‘espoir en l’avenir. Elle ne trouvait pas cette petite éteincelle, pourtant elle le voudrait.

Mais elle n’était pas asociale pour autant, et elle se souciait vraiment des gens autour d’elle. Et des clients de manière plus étendue évidemment. Après tout, elle était serveuse, et il fallait quelle ait un minimum de contact et de relation avec eux. Sans que cela soit vraiment personnel et très poussé avec tous. Mais elle se sentait tout de même vraiment confuse d’avoir renversé du vin sur Enjolras. Elle ne connaissait pas énormément le jeune homme, mais elle le voyait souvent au café Musain. Elle ne lui avait jamais vraiment parlé parce qu’il avait souvent l’air occupé ou préoccupé, et qu’elle ne voulait pas le déranger. Et puis, elle n’était pas la personne la plus loquace non plus. Mais il avait l’air d’un gentil garçon. Eduqué, intelligent, poli… avec des idées intéressantes, et intelligentes. En tout cas, des idées matures, qui ne rassemblaient pas forcément à son âge mais c n’tait pas une mauvaise chose, bien au contraire, c’était tout à son honneur.

Mais quoiqu’il en soit, au lieu de l’analyser, il fallait surtout qu’elle éponge ses bêtises. Elle aurait voulu que les choss se passent sans accro mais bon… Elle se doutait que le jeune homme ne s’énerverait pas, et c’était une chance pour elle. Elle n’avait pas besoin d’un scandale. Vraiment pas. Mais face à Enjolras, elle se sentait assez en confiance avec lui.


-Ne le soyez pas, ce n’est pas grave. Le rouge est ma couleur de toute façon. Vous avez besoin d’aide, peut-être ?

Elle sourit légèrement, quand il assura que le rouge était sa couleur. Que ce soit le cas ou non, c’était gentil à lui de réagir de cette manière. Il lui proposait son aide, mais elle ne savait pas vraiment sur quel point il voulait l’aider, mais c’était en tout cas très aimable de sa part de se proposer pour l’aider.

« Il est vrai que le rouge vous va bien. C’est très gentil de votre part, mais je ne sais pas trop comment vous pourriez m’aider. »

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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeDim 10 Mar - 9:50


La conversation, ça me plaît. La discussion, non.
E

njolras offrit à son interlocutrice une esquisse de sourire quand cette dernière confirma que le rouge était une couleur qui lui allait effectivement bien. Peu importe qu'elle le pense ou non, cela avait au moins le mérite de désamorcer une crise inutile. Le jeune étudiant n'accordait de toute façon qu'une attention restreinte aux bien matériels, pas parce qu'il croulait sous l'or et qu'un vêtement taché pouvait être remplacé par des centaines d'autres, mais parce qu'il estimait, comme de beaucoup d'autres choses, qu'il y avait bien plus important à faire, sur quoi se concentrer.

Si les biens matériels devaient attirer son attention, ce ne serait que dans l'espoir que chacun puisse en disposer dans la mesure de ses besoins vitaux, peu importe son statut social, son métier et son parcours de vie. Le rouge était sa couleur pour des dizaines de raisons. Mais en ces circonstances, il admettait volontiers qu'il soit sa couleur uniquement parce qu'il lui allait bien au teint. Bref, pas de quoi faire un scandale, mais peut être de quoi faire plus ample connaissance avec son interlocutrice.

Voué corps et âme à sa cause, Enjolras se souciait de la communauté plutôt que des individus, du moins s'il ne s'agissait que de s'attarder sur les petites considérations personnelles de chacun, qui n'éveillaient bien évidemment en lui aucun intérêt particulier, mais dans certains cas de figure, ils pouvaient servir d'exemple. En tout cas, la jeune serveuse l'intriguait assez. Il y avait, comme gravé dans ses traits malgré son jeune âge qui était pour beaucoup celui de l'innocence, la marque de quelque chose qui ressemblait à une douleur profonde, de ces marques qu'on prête aux misérables.

Evidemment, lui-même ne savait pas précisément de quelle manière il pourrait l'aider. D'un point de vue concret, il ne semblait pas qu'il y ait grand-chose à faire si ce n'est éponger un peu le vin renversé. Mais accorder son aide à ceux qui en avaient besoin, s'entend par là réellement besoin, c'était une chose importante pour lui, et il n'avait certainement pas l'intention d'y déroger.

-Eh bien, tout dépend de ce dont vous avez besoin
, finit-il par répondre avec une totale sincérité.

Même si elle ne consentirait peut-être pas à répondre à cette question.




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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeSam 23 Mar - 22:29

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But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Pâquette n’était pas mécontente que tout ceci se passe avec Enjolars, et que ce dernier ne soit pas du genre virulent, du moins pour ce genre de situation. D’autres clients auraient déjà piqué une crise, crié au scandale, voire même l’auraient brutalisée un peu. L’alcool n’allait pas à tous les hommes. Et elle était bien placée pour le savoir, étant donné qu’elle était plus habituée à voir des hommes souls que sobres depuis qu’elle travaillait ici. C’était un des inconvénients du travail, mais fort heureusement, certains avec l’alcool joyeux, donc cela compensait sans nul doute.

Mais en l’occurrence, Enjolras n’était pas soul, il n’en avait pas l’air. Elle le voyait souvent venir par ici, mais elle ne l’avait jamais vu finir à quatre pattes sous la table, à hurler des propos incohérents, ou à se battre avec une chaise. Oui, on voyait vraiment de tout au Musain. Il fallait s’y faire. Au moins, il y avait des rebondissements, du suspense. Pas toujours appréciable, certes, mais qui avait le don d’être plus ou moins divertissant, tant qu’il n’y avait pas trop de casse, qu’elle soit matérielle ou physique.

Quoiqu’il en soit, elle était tout de même soulagée que le jeune homme en face d’elle ne tienne pas à faire de scandale, et prenne la chose à la légère. Il est vrai, que quand on y regardait de plus près, il n’y avait rien de grave, ce n’était qu’un peu de vin, mais il en fallait parfois peu pour mettre le feu aux poudres. Et Pâquette n’avait pas besoin de cela. Elle n’avait guère besoin de problèmes supplémentaires, ni de préoccupations nouvelles. Le manque de sa fille était déjà continuellement persistant, sans aucune pause, aucun répit, alors elle se passerait bien d’autres choses.

Si Agnès était toujours avec elle, les choses seraient bien différentes, elle ne travaillerait probablement pas ici, et la vie serait beaucoup plus belle. Mais… ce n’était pas le cas. Elle restait sans sa fille, sans joie et sans envie particulière. Parce qu’on lui avait enlevé sa raison de vivre.

-Eh bien, tout dépend de ce dont vous avez besoin.

Elle fut un peu décontenancée par la question, ou plutôt par le ton employé par le jeune homme. Il semblait vraiment sincère, et elle n’avait pas vraiment l’habitude. Toutefois, aussi sincère était-il, il ne lui saurait d’aucune aide pour ce dont elle avait vraiment besoin. Ni lui, ni personne d’autre. Elle lui adressa tout de même un léger sourire, à la fois doux et un peu triste.

« Je crains fort que vous ne puissiez m’aider alors. »

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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeDim 24 Mar - 9:38


La conversation, ça me plaît. La discussion, non.
E

njolras n'envisagea pas que ses propos puissent être mal interprétés (il était quelqu'un de très littéral, dans ses propos comme dans ses gestes, aussi n'envisageait-il pas, dans ces circonstances du moins, qu'une autre traduction puisse être faite de son discours que celle qui était la plus directe à ses yeux), il envisageait seulement une éventuelle surprise de la part de son interlocutrice car - et c'était malheureux - on finit par se méfier des mains tendues à force de n'en voir que trop peu. Et en effet, que ce soit de méfiance ou de surprise, la jeune serveuse réitéra, affirmant qu'il ne devrait pas être en mesure de l'aider.

Enjolras en demeurait peu convaincu. Il se pouvait, bien sûr, que cette jeune femme soit entièrement satisfaite de sa conddition, et estime n'avoir besoin d'aucune forme de soutien, mais il peinait à l'envisager néanmoins. Même si c'était quelque chose de récurrent, au fond, ceux qui n'avaient rien savaient se contenter de moins que ce qu'ils méritaient, et ceux qui avaient tout estimeraient sans doute qu'ils n'en avaient pas assez. En tous les cas, il ne pouvait bien sûr pas lui forcer la main. Et il comprenait même qu'elle refuse l'aide du premier venu, en réalité, c'était même plutôt sage de sa part.

Enjolras la considéra un instant du regard. Il l'avait certainement croisée plus d'une fois, mais il ne lui avait pas prêté attention, comme tous les employés du Musain qui finissaient par faire partie du décor, pas parce qu'il les dédaignait mais parce qu'il avait, disons, la tête à autre chose. En tout cas, pour l'heure, il s'interrogeait sur la personne qui lui faisait face, sur qui elle était, sur son histoire, ce qui l'avait menée à se retrouver ici et maintenant. Il se doutait qu'elle ne répondrait pas aisément à ses questions, et il n'avait pas non plus envie de la mettre mal à l'aise. Il ne voulait pas non plus l'interrompre trop longuement dans son travail si cela devait lui attirer les foudres de son supérieur, même si les clients ne se bousculaient pas au portillon à l'heure actuelle et que l'affluence restait donc convenable, du moins gérable. Pour ce qu'il y connaissait.

-Vous vous appelez Pâquette, c'est ça ?


Il lui semblait du moins, mais il n'avait pas vraiment tenté d'être attentif. C'était une première étape, anodine, pour savoir qui elle était, même si un nom ne représente jamais grand-chose.




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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeMer 17 Avr - 15:55

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Pâquette aurait bien voulu qu’Enjolars puisse lui venir en aide, mais ce n’était pas possible. Personne ne pouvait l’aider. Pourtant, elle avait reporté les faits aux autorités mais ils n’avaient pas vraiment cherché à retrouver sa fille, et lui avaient fait comprendre, que les gitans devaient être loin maintenant… Elle ne s’était pas contentée de cela, bien évidemment, mais que pouvait-elle faire ? Parcourir le monde à la recherche de sa fille ? Ce n’était pas possible… pourtant elle aimerait tant la retrouver, sa petite Agnès… Elle ne savait pas où elle était, ni même si elle était encore en France, et si oui, dans quelle ville ? Elle était totalement démunie face à cette situation.

Alors, elle ne voyait pas ce que le jeune homme pourrait faire pour l’aider. Elle ne demandait qu’à retrouver son enfant, mais cette plainte semblait être vouée à ne jamais être traitée. Pourtant, elle n’avait pas été une mauvaise personne, elle ne méritait pas cela. Elle n’était pas mariée lorsqu’Agnès avait été conçue, certes, mais le Seigneur la punirait-il juste pour cette faute ? Ce serait bien cruel, elle n’était pas la seule dans ce cas, et elle avait toujours été quelqu’un de bien. Elle ne méritait pas ce qu’il lui était arrivé, et elle ne l’accepterait jamais.

Pourtant, elle devait continuer à vivre, même si elle n’en avait plus le goût. Mourir, ce serait définitivement abandonner son enfant. Elle la savait toujours en vie, elle le sentait au plus profond de son être, qu’elle vivait, quelque part. Elle espérait au moins qu’elle était heureuse. Qu’elle avait une belle vie, et tout ce qu’elle voulait. Même si, étant donné qu’elle avait été élevée avec les gitans, c’était assez utopiste, mais qui sait… Pâquette faisait de son mieux pour être forte, mais cela lui coûtait énormément d’énergie. Elle ne l’utilisait que pour venir travailler dans tous les cas, elle n’avait pas de vie en dehors du Musain. Et elle ne cherchait pas à en avoir, à quoi bon ? Elle n’avait pas été assez bonne mère pour veiller sur sa fille, elle ne méritait plus d’avoir une vie heureuse, et de trouver bonheur et réconfort, quel qu’il soit.

-Vous vous appelez Pâquette, c'est ça ?

Elle n’était pas vraiment surprise qu’il connaisse son nom. Même s’ils n’avaient jamais parlé, les habitués connaissaient les noms de ceux qui travaillaient ici, ou du moins, ils les avaient déjà entendus prononcés par d’autre. En tout cas, elle n’avait aucune raison de ne pas vouloir qu’on connaisse son identité, elle n’avait rien à cacher.

« Oui, c’est ça, Monsieur Enjolras. »

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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeMer 17 Avr - 17:07


La conversation, ça me plaît. La discussion, non.
I

l faut croire que, pour cette fois, l'intuition du jeune homme avait été la bonne puisque la jeune femme se nommait donc bel et bien Pâquette. Si Enjolras cherchait à se montrer attentif à tous les maux du monde, il est certain qu'il manquait en revanche singulièrement d'attention quand il s'agissait de voir ce qu'il y avait parfois juste sous son nez, ce qu'on pourrait aisément lui reprocher.

Quand il se rendait au Musain, ce n'était ni pour la boisson, ni pour la compagnie de ces demoiselles qui ne lui inspiraient jamais quoi qu'il en soit que la plus saine indifférence, c'était pour les idées échangées, tout simplement. Pâquette, à l'instar de Louison d'ailleurs (et au grand dam de cette dernière, même s'il était loin de réellement s'en soucier pour tout dire), faisait plus ou moins partie du décor, pour lui. Un décor familier, donc, mais qui pour cette fois gagnait le don de la conversation. Et ce n'était pas un mal, bien au contraire. Il devrait plus souvent savoir se recentrer sur qui l'entourait exactement afin d'y prêter tout l'attention.

-Je n'ai pas besoin de vous apprendre mon nom, donc,
observa-t-il dans un fin sourire quand elle l'appela "monsieur Enjolras".

Il pourrait juste lui suggérer de l'appeler "Etienne", mais personne ne l'appelait ainsi en réalité, et il ne servait sans dojute pas à grand chose de seulement l'appeler Enjolras, comme la plupart de ses proches le faisaient, pas forcément à sa demande mais parce que c'était ainsi. Ceci dit, donc, puisqu'elle savait son nom, elle n'aurait aucun mal à le trouver et à s'adresser à lui si besoin était. Oui, il pouvait bien reconnaître qu'il appréciait que son nom ait marqué ses esprits, mais ce n'était pas vraiment la question, et il préférait en soi que sa cause trouve en lui plus d'écho que son nom en lui-même.

Quoi qu'il en soit, c'était une information qu'elle pouvait bien retenir à l'occasion. Car quand bien même elle n'estimait pas qu'elle puisse l'aider en quoi que ce soit pour l'heure, peut-être que l'idée lui viendrait plus tard.

-Et si jamais vous avez besoin d'aide, en quoi que ce soit un jour, je vous invite à le retenir.

Même si elle n'en aurait peut-être que faire, même si elle estimerait peut-être que cette conversation n'avait pas l'ombre d'une utilité pour elle.



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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeSam 18 Mai - 19:32

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Pâquette ne savait pas vraiment s’il avait entendu parler d’elle, mais elle en doutait. Il n’y avait rien à dire sur elle, mis à part qu’elle était serveuse au Musain, et que de temps en temps, elle vendait sur le marché le dimanche. Mais ça ne valait pas la peine d’être raconté à qui que ce soit. Dans tous les cas, Pâquette n’avait pratiquement pas de relations, cela s’arrêtait à Louison, et aux habitués du Café, mais rien de plus.

Et cela ne la dérangeait pas. Elle n’avait pas envie de nouer des liens, parce qu’ils étaient trop souvent cassables. On avait beau dire que rien ne séparait jamais une mère de son enfant, Pâquette était la preuve vivante que cela pouvait être le cas. Elle ne savait pas ce qui lui faisait le plus mal entre l’absence de sa fille, et l’incertitude de savoir si elle était en vie ou non. Les deux la tuaient à petit feu dans tous les cas. Elle n’avait pas l’intention de lutter, dans tous les cas. Lutter pour quoi ? Elle n’avait aucune raison de se battre, que ce soit pour elle ou pour quelqu’un d’autre.

-Je n'ai pas besoin de vous apprendre mon nom, donc.

Elle lui rendit son sourire, légèrement. Non, il n’avait pas besoin de lui dire. Enjolras et ses amis venaient souvent, même s’ils disparaissaient toujours dans l’arrière salle, mais Pâquette avait finir par retenir quelques noms, pas tous. Elle retenait les visages qu’elle voyait le plus souvent, et Enjolras en faisait partie. Elle ne savait pas vraiment ce qu’ils traficotaient, et ce n’était pas ses affaires, mais en tout cas, de ce qu’elle savait, ils n’étaient pas des mauvais garçons. Peut-être qu’elle se trompait, mais aucun ne lui avait jamais inspiré de la méfiance, ou quelque chose de mauvais. Ils étaient tous charmants.

En tout cas, Pâquette connaissait le nom du jeune homme, et c’était tout ce qu’elle savait de lui. Mais elle ne demandait pas à connaître tous les clients du Musain sur le bout des doigts de toute manière. La plupart du temps, elle ne discutait pas avec eux, mais converser avec Enjolras était en tout cas appréciable.

-Et si jamais vous avez besoin d'aide, en quoi que ce soit un jour, je vous invite à le retenir.

Besoin d’aide… Pâquette en avait probablement besoin. Mais personne ne pouvait l’aider. Elle avait eu besoin d’aide, il y a seize ans, et on ne lui en avait pas donné, ou bien peu. Et maintenant, c’était trop tard. Mais elle trouvait tout de même la proposition du jeune homme généreuse, la preuve qu’il devait être quelqu’un de bien. Elle lui adressa tout de même un léger sourire.

« C’est gentil de votre part. Mais comme je vous l’ai dit, vous ne pouvez rien pour moi. Vous êtes très certainement plein de bonne volonté, et d’un altruisme qui est bien rare, mais je suis une cause perdue. Vous ne devriez pas perdre votre temps avec moi. »

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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeSam 18 Mai - 19:48


La conversation, ça me plaît. La discussion, non.
E

n soi, le chef de file des Amis de l'A B C ne cherchait pas réellement à être gentil, ce qu'il voulait, c'était être utile quand il pouvait l'être. Il n'était peut-être pas vrai que l'on pouvait aider tout le monde, mais cela n'empêchait pas le jeune homme d'y croire malgré tout. Ce n'était pas pour rien qu'il dépensait tant d'énergie à la cause qui lui semblait être la plus juste. Ce n'était pas, contrairement à ce que beaucoup pensaient, pour en tirer une satisfaction personnelle et flatter son ego, mais parce que c'était une tranche considérable de la population, dont il constatait la misère à chaque instant, qui pourrait en profiter très concrètement. Et à ses yeux, cela valait évidemment tout l'or du monde. Ce n'était pas la gentillesse qui le motivait, donc, mais ce n'était pas importait, seul le résultat iportait pour lui...

Mais il semblait que la jeune serveuse ne savait penser qu'à l'échec que représentait toute tentative de lui venir en aide. Dans un premier temps, il avait été tenté de ne pas insister. Cette jeune femme n'avait peut-être pas besoin de son soutien, et dans ce cas, il ne servait à rien d'insister... mais à présent, au regard de ce qu'elle avait ajouté, il était convaincu, bien au contraire, qu'il pouvait avoir son rôle à jouer. Elle n'avait pas encore le loisir de s'en rendre compte, mais si elle acceptait de lui faire confiance, cela viendrait peut-être ?

-Je ne crois pas en l'existence des causes perdues
, répondit-il simplement.

Et c'était la vérité. Il ne croyait pas aux destinées toutes tracées, ni aux vaines batailles. Il voulait croire que tout le monde pouvait apporter sa pierre à l'édifice, et que rien n'était inéluctable, si ce n'est bien sûr la mort, pour le coup, on faisait difficilement plus irréversible. Si son combat lui tenait tant à coeur, s'il y dévouait presque tout son temps alors que beaucoup, justement, estimait que c'était en vain, c'était bien que cela faisait partie de sa mentalité. Le fait en tout cas que la jeune femme se qualifie elle-même de cause perdue intriguait grandement le jeune homme. Ce n'était pas des propos anodins, le choix des mots était lourd de sens. Il était arrivé quelque chose à cette femme. Et maintenant, il voulait savoir quoi.

-Pourquoi dire une chose pareille ?




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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeMar 9 Juil - 15:34

A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Pâquette ne savait pas vraiment si c’était une bonne chose d’embêter ce jeune homme avec ses problèmes. Surtout que maintenant, ses problèmes ne pouvaient pas être résolus. Quand bien même elle ne lui avait pas raconté ce qu’il s’était passé. Pâquette était désespérée, et l’idée de retrouver sa fille était quasiment mort. Quand bien même, son instinct de mère lui dictait de garder espoir. Elle ignorait tout du sort de sa fille. Elle ignorait si elle était encore en vie, si elle allait bien, si elle avait une belle vie… elle ne savait rien. Ne pas savoir était une torture, tout autant que d’avoir sa petite Agnès loin d’elle. Elle ne pouvait rien faire, elle était totalement impuissante, et Enjolras le serait aussi, quand bien même il avait la volonté de l’aider. Ce qui était tout à son honneur.

Elle le trouvait gentil, il dégageait cela. Peut-être que ce n’était pas le cas, mais en tout cas, elle trouvait que ce qu’il faisait était bien. Aider les plus démunis, ce n’était pas quelque chose que les gens faisaient de manière poussée, alors c’était bien pour eux. Pâquette ne se sentait pas démunie, enfin elle l’était, mais pas de manière pécuniaire, elle était démunie de sa fille, de sa chair, son sang… et elle ne pensait vraiment pas que quiconque pouvait lui venir en aide. Elle voudrait se tromper, mais elle ne pensait pas cela possible.

-Je ne crois pas en l'existence des causes perdues. Pourquoi dire une chose pareille ?

Parce que c’était bel et bien le cas. Il pouvait être doté de la plus grande volonté du monde, il ne pourrait pas l’aider. Comment le pourrait-il ? Comment après seize ans pourrait-il lui dire où se trouvait sa fille, si elle était toujours en vie ? Pâquette n’avait aucune idée de l’endroit où elle pouvait se trouver. Peut-être qu’elle n’était plus en France, et elle n’avait aucune indication sur où chercher. De toute façon, elle n’avait pas l’intention de demander de l’aide à ce jeune homme, elle voulait juste… elle n’en savait rien, elle n’avait aucune envie particulière, elle attendait juste que les jours se passent, sans motivation, et sans désir.

« Parce que c’est le cas. On m’a… volé mon enfant, quand ce n’était encore qu’un bébé, il y a seize ans de cela. Un groupe de gitanes l’ont échangée avec un enfant monstrueux et difforme, et ils ont pris ma petite fille… m’enfin, je ne veux pas vous ennuyer avec mes histoires. »

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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeMar 9 Juil - 19:50


La conversation, ça me plaît. La discussion, non.
I

l était facile de réfuter l'existence des causes perdues quand, à l'instar d'Enjolras, les causes que l'on défendait corps et âmes demeuraient des notions abstraites, et par conséquent difficiles à conceptualiser précisément : qu'il s'agisse d'égalité, de liberté ou de fraternité, ce resterait toujours des causes accessibles et, contradictoirement des causes pour lesquelles il était important de se battre corps et âmes, car jamais entièrement accomplies. Mais la cause qui tenait au coeur de la jeune serveuse était quelque chose de bien plus personnel, de bien plus inaccessible. Le jeune homme resta sans voix face au récit de son interlocutrice. Il se souciait du bien général, et parfois, c'est vrai, c'était au mépris des drames tout personnels... et c'était ce qu'avait vécu la pauvre Pâquette, un véritable drame.

Le jeune révolutionnaire était sidéré par ce qu'il apprenait. La jeune femme était tombée enceinte. Si c'était il y a seize ans, elle devait être bien jeune. Enjolras ne jugeait pas, il se contentait d'écouter, et le jeune âge qu'elle avait sans doute à l'époque, il n'y songeait que pour forcer encore davantage sa compassion. Il s'était douté que son interlocutrice n'avait pas eu une vie facile, mais il n'avait clairement pas deviné à quel point.

On avait échangé son bébé à la naissance. Enjolras n'en revenait pas. Pourquoi avoir fait une chose pareille ? A quoi bon ? Qu'est-ce que tout cela signifiait exactement ? Elle parlait de ne pas l'ennuyer avec ses histoires, mais ce n'était pas le cas du tout. Et ce n'était pas de simples histoires, par ailleurs, loin s'en faut. C'était l'histoire de toute une vie, qui avait forcément impacté toute l'existence de cette pauvre jeune femme. C'était le genre d'injustices qu'Enjolras trouvait parfaitement insupportables. Mais que pourrait-il bien y faire exactement ? Cette situation datait, et il devinait que la jeune femme avait déjà fait tout ce qui était en son pouvoir. Cela dit, ça ne coûtait rien d'essayer malgré tout.

-Tu ne m'ennuies pas du tout. Je suis désolé de ce qui t'es arrivé
, répondit-il avec toute l'honnêteté du monde. Il marqua une légère pause. L'enfant... tu n'as aucune idée de ce qui lui est arrivé ?

Il se doutait de la réponse, mais il posait la question malgré tout.



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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeSam 17 Aoû - 20:27

A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Pâquette ne se sentait pas très à l’aise, d’évoquer ce qui lui était arrivé. Elle ne l’avait fait qu’une fois, lorsqu’elle avait été racontée tout cela aux autorités, implorant leur aide, mais ils n’avaient rien fait pour l’aider. Ils l’avaient écouté, et ils lui avaient dit de rentrer chez elle, qu’ils allaient voir. Ils s’étaient probablement fichus de son histoire, et ils n’avaient probablement même pas chercher. Le dire à Enjolras ne changerait strictement rien, elle le savait. Pourquoi elle le lui racontait ? Elle ne savait pas. Il était encore jeune, il ne devrait pas entendre de telles choses. C’était pour le moins… déprimant. Vraiment, il méritait mieux que ce genre de récits, mais Pâquette n’était dans tous les cas, pas la bonne personne pour redonner le sourire. Elle-même l’avait que peu souvent, et il n’était pas souvent sincère, parce qu’elle n’y arrivait pas.

Elle espérait vraiment ne pas déranger le jeune homme. Enjolras avait toujours été gentil, s’était montré soucieux de beaucoup de choses. Il est vrai qu’il donnait l’air de vouloir aider son prochain, et c’était vraiment louable de sa part. De nos jours, la générosité était peu présente dans les rues de Paris, pourtant, la misère et le besoin étaient à chaque coin de rue.

Pâquette ne se considérait pas dans le besoin. Lorsqu’elle voyait ces pauvres gens mourir de faim et de froid… surtout qu’on ne pouvait pas vraiment lui apporter son aide. Si on pouvait donner quelques pièces à certain, elle, cela ne lui servirait pas. Elle avait un emploi, quand bien même elle vivait très modestement, cela lui suffisait pour vivre. Elle avait besoin qu’on lui rende sa fille, mais après toutes ces années, ce n’était pas possible de la retrouver. Elle voulait croire que si jamais elle la croisait, elle se souviendrait d’elle, elle la reconnaîtrait, après tout, elle était sa fille, son sang, mais Agnès ignorait tout d’elle, et elle la prendrait sans doute pour une folle. Elle n’avait rien d’elle, si ce n’est le collier que Pâquette lui avait accroché au cou à sa naissance, mais les gitanes l’avaient probablement jeté.

-Tu ne m'ennuies pas du tout. Je suis désolé de ce qui t'es arrivé. L'enfant... tu n'as aucune idée de ce qui lui est arrivé ?

Elle afficha un léger sourire. Elle le pensait sincère quand il disait être désolé, mais cela ne changerait pas grand-chose. Si seulement elle pouvait savoir où était sa fille, rien que de savoir qu’elle avait une vie heureuse, où elle ne manquait de rien… mais élevée par les gitans, elle n’avait pas beaucoup d’espoir. A tous les coups elle avait fini dans le vol, ou la prostitution, et ces idées lui serraient le cœur.

« Non, je ne sais même pas si elle est encore en vie. »

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Message#Sujet: Re: A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette   A conséquences égales, une grosse maladresse se pardonne mieux qu'une petite malveillance | Enjolras & Pâquette I_icon_minitimeSam 17 Aoû - 21:00


La conversation, ça me plaît. La discussion, non.
E

njolras devait avoir une affinité particulière avec les cas désespérés. C'était ainsi, il ne pouvait pas s'en empêcher, quand il voyait une âme en détresse, il ressentait le besoin de la sauver. C'était toujours avec plus ou moins de succès, mais l'intention qui était nécessaire à l'ouvrage était toujours présente malgré tout. Il aimerait pouvoir faire quelque chose pour cette femme dont il découvrait tout juste l'histoire. Personne ne méritait de vivre une chose pareille. Ce devait être épouvantable de supporter une telle situation.

Enjolras n'était pas parent et ne se voyait pas le devenir un jour, mais il s'identifiait sans mal à la souffrance d'une mère qui avait ainsi tout perdu. Ce devait être un déchirement, comme perdre une partie de soi-même. Il n'y avait rien à faire, elle avait perdu sa fille trop tôt, elle n'avait aucun indice quant à ce qu'elle était devenue. A partir de là, il n'y avait rien à faire, et Enjolras ne voulait pas donner de faux espoirs à son interlocutrice, ni même remuer le couteau dans la plaie. Il avait juste envie de faire quelque chose, n'importe quoi, pour apaiser la peine mais surtout réparer l'injustice. Il ne fallait rien espérer, certainement, il était possible, après tout, Pâquette disait vrai, qu'elle ne soit même plus en vie à l'heure actuelle.

-Je suppose que vous n'avez aucun indice ? Sur les personnes qui l'ont enlevée ?


Il devrait arrêter de poser la moindre question, il devrait arrêter de l'interroger sur cette situation, mais c'était plus fort que lui. Faire abstraction du sujet alors qu'il venait d'être abordé lui paraissait être positivement impossible. Même s'il ne subsistait qu'un vague, très vague indice, Enjolras serait capable d'essayer de s'en servir, sans véritable chance de succès, mais mu par l'espoir de résoudre une situation qu'il considérait être, par essence, injuste. Si les choses pouvaient véritablement être si simples. Alors il demandait à tout hasard, et si elle devait en avoir assez de l'entendre l'interroger sur la question, alors il se tairait. Il ne cherchait pas à la souffrir inutilement. Il avait juste besoin de comprendre, par tous les moyens possibles... A l'impossible nul n'est tenu, c'était l'une de ses devises (qui risquait fort de prendre du plomb dans l'aile), et il ne l'oubliait pas.






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